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This article was written on 17 mar 2015, and is filled under Travaux.

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Le dur Labeur des « pêcheurs » de sable d’ouesso – Baudouin Mouanda

Ailleurs, il y a des dragues qui fouillent le fond des rivières pour en extraire sable et graviers. Ici, ce sont des hommes qui vont chercher avec matériaux au fond de la rivière avec des seaux. Un travail pénible, mais qui fait vivre des familles.

La Sangha est un affluent du fleuve Congo qui arrose le département du même nom et coule aux abordes de la ville d’Ouesso. Son cours sert au transport fluvial de grumes de bois issus des exploitations forestières. Du bassin du Congo vers Brazzaville. On y pêche aussi le poisson. Mais cette rivière est également utilisée pour une activité assez singulière: l’extraction à la main du sable de son lit. De jeunes hommes à l’aide de bateaux à moteur, gagnent le milieu du cours d’eau. Puis pendant que les piroguiers maintiennent l’embarcation, d’autres plongent en apnée vers le fond, avec des seaux qu’ils remplissent le sable. Puis ils ressortent de la Sangha pour déverser le contenu de leur « pêche » dans le bateau. Une fois celui-ci plein, l’équipe rame vers le rivage où est entassé le précieux matériau. Une méthode de drague manuelle, fastidieuse. Chanter pour chasser la fatigue.

Les extracteurs travaillent en deux groupe dix personne chacun. Pendant que les uns puisent le sable, les autres déchargent. Ils travaillent en alternance et effectuent ensemble vingt rotations,  ponctuées de chants afin de se donner de l’entrain et d’indigner la fatigue. D’ailleurs, afin de ne pas êtres alourdis,il travaillent uniquement vêtus de sous-vêtement. Le travail est pénible, mais il aide  à faire vivre de famille. Des écoliers se font aussi embaucher afin de disposer d’un pécule pour préparer leur rentrer scolaire. En fait, tous les sans-emploi peuvent trouver là un travail.  Les novices reçoivent d’abord une formation adaptée. « Ils doivent en premier lieu savoir nager, afin d’éviter les noyades en cas de chavirage. De plus, ils doivent apprendre les techniques pêche de sable », explique Merlin Atchaka, une trentaine d’années, qui organise cette activité, depuis douze  ans, sous couvert d’une petite entreprise baptisée Bosco Service.

Pour certains habitants de la région, la récolte du sable constitue l’unique gagne-pain. Quand  j’ai été licencié, j’étais désemparé, ne sachant que faire. Heureusement, j’ai été embaucher ici. Je  réussis  à subvenir aux besoins de ma famille », affirme un ouvrier. Les extracteurs gagnent 45000  francs CFA à la journée et les piroguiers 5000. Le salaire mensuel peut être évalué à 135000 franc CFA  pour les premiers et 150 000 pour le seconds. Ils reçoivent une indemnité alimentaire journalière de 600 francs CFA. Pendant la saison des pluies, la récolte du sable devient difficile car le niveau de l’eau et le courant augmentent. « nous sommes obligés d’aller plus loin et d’utiliser  des échelles afin de descendre jusqu’à 6 mètres au fond du fleuve » se plaint Merlin Atchaka. A ces difficultés  aquatiques s’ajoutent la cherté du carburant, les pannes de moteur. Parfois, lorsqu’elles sont trop chargé, les pinasse font naufrage.  Quand elles sombrent ainsi nous nous attelons  à les décharger  au fond de l’eau pour les remonter à la surface. C’est pénible. Mais c’est notre outil  de travail  et nous devons le récupérer »  confit le pilote de l’un de ce bateaux. Le sable récolté  est vendu  25000 francs CFA du mètre cube. Les clients sont des entreprises du bâtiment et des particuliers.  « ce sable est meilleur; celui récolté ailleurs ne convient pas pour la construction »  assure, un habitant d’Ouésso. Une chance pour ceux qui ont le courage de l’extraire.

 

2 commentaires

    This post currently has 2 responses.

  1. Lebon Chansard Zed
    9 avril 2015

    Bravo Baudouin pour ton riche reportage.bon vent

  2. Glavy N'DZABA MAZONGAUT
    5 janvier 2016

    Toujours un travaille riche on info je clique j’aime

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