Khelly Manou De Mahoungou

L'ambition des congolaises au rythme du football

Brazzaville, capitale de la République du Congo au cœur de l’Afrique centrale. A Makélékélé, premier arrondissement au sud de la capitale, évoluent des équipes féminines de football.

En cette saison sèche, dès I6 heures, le temps est lourd et le crépuscule approche sous un timide coucher de soleil, marqué par le brouillard et les poussières. C’est à ce moment que je me rends au complexe sportif des lieux, pour essayer de capter le rêve de ces filles, de « devenir des étoiles rayonnantes du football féminin », quel qu’en soit le prix. En effet, leur parcours est parsemé d’embûches liées aux traditions et mœurs de la société congolaise, qui admet à peine qu’elles touchent au football car « c’est un sport réservé aux hommes ».

Pour certaines de ces filles, le goût et l’ambition de jouer au foot sont nés en regardant les célébrités internationales du ballon rond à l’instar de Samuel ETO’O le Camerounais, pour ne citer que celui là. Tandis que chez d’autres cet amour du ballon rond est une vraie passion qu’elles portent dans leurs gènes. Toutes ont un dénominateur commun, qui est le terrain de foot.

Nelles, 30 ans, ancienne joueuse dans la célèbre équipe féminine de Brazzaville ‘’LA SOURCE‘’ qui fut la première du Congo, créée dans les années 1988, raconte : « Par cette discipline, les filles ont une chance de gagner professionnellement leur vie, pour s’occuper de soi et de sa famille ». Souvent âgées de 18 à 21 ans, elles se battent contre vents et marées en pratiquant ce sport.

Pour Tatiana par exemple, l’école est un moyen d’instruction et le foot une manière de gagner sa vie. « À présent, je souhaite jouer dans une grande équipe réputée sur l’échelle internationale », rêve t- elle. Au congo, on compte au moins cinq équipes féminines jusqu’à nos jours, et une équipe nationale.

Pour atteindre ce rêve, elles s’entraînent plusieurs heures cinq jours par semaine, en préparation des matchs de championnat.

Biographie

Né à Brazzaville, où il vit et travaille, Manou de Mahoungou Khelly est membre du Collectif « Génération Elili ». En 2009, il obtient sa Licence en Sciences et Techniques de la Communication à l’Université Marien Ngouabi de Brazzaville, et s’oriente vers le journalisme.

Après avoir participé à l’atelier « Balade photographique » de Baudouin Mouanda en décembre 2009, il se lance dans la photographie et revendique un enjeu photographique social et documentaire. Il travaille alors autour des thèmes de l’alimentation des Congolais et de leurs comportements, notamment les relations entre ces derniers et leur environnement immédiat. Une approche sociologique qu’il souhaite porter à d’autres continents.

Son travail sur le phénomène du coupé-coupé à Brazzaville - une viande bon marché, est témoin de sa démarche.

En 2010, il est l’assistant de Philippe Guionie, venu travailler avec les anciens combattants de Brazzaville, un pied dans le monde des professionnels de l’image.

Puis, en 2011, il participe à l’atelier interculturel, « recherche et photographie », portant sur la création du réseau des photographes d’Afrique centrale où il travaille sur la lutte contre les érosions dans un quartier nord de Brazzaville.