Mirna Kintombo

Nuit belle à Brazza

Prostitution dans les rues, tenues vestimentaires provocatrices, sites de rencontres, pornographie, homosexualité, pédophilie, recherche effrénée de richesse, etc. La liste ne saurait être exhaustive. Tout y passe désormais. Le Congo après La guerre du 05 juin 1997 à 1998 qui a causé des dégâts et des nombreuses pertes en vies humaines, des valeurs traditionnelles, du respect de la personne humaine, de la dignité, est en passe de devenir un dépotoir culturel où toutes les idées que la morale récuse, parfois venues d’ailleurs, élisent domicile sans que personne ne s’en offusque. Les raisons qui poussent certains à ce fléau diffèrent. D’aucuns parlent de pauvreté, d’autres de plaisir personnel… De nos jours, les filles se vendent à 1000 fcfa. A ce rythme, nous ne serons pas surpris d’ici quelques mois, de voir ce prix passer à 500 fcfa par personne, vu la situation économique du pays qui devient de plus en plus difficile. Suite à mes enquête sur internet et dans les journaux, etc., J’ai recueilli les impressions de celles qui offrent (prostituées) et de ceux qui demandent (clients).

Le phénomène n’est pas nouveau mais il a pris une telle ampleur ces dernières années qu’il devient chaque jour, un problème de société.

L’éducation de base au Congo qui, naguère, était l’apanage du cercle familial, est aujourd’hui réduite à sa portion congrue. La jeunesse a perdu ses repères, et s’en remet aux archétypes que lui inculque une minorité de privilégiés toujours pas exempts de reproches et que le hasard du destin a propulsé au-devant de la scène : célébrités, stars et  nouveaux riches.  La prostitution est un thème régulièrement évoqué dans les débats de société, débats qui oublient souvent que le phénomène de la prostitution exige au moins deux parties : l’offre et la demande. Très souvent, la discussion se concentre autour des prostituées, en oubliant la demande des clients, malgré le fait que ce dernier groupe soit plus grand et plus puissant que le premier. Connaître les motivations des clients est essentiel pour comprendre la prostitution en tant que phénomène.

Ce qui nous pousse à dire que les hommes, ont historiquement été à l’origine de la demande de services sexuels, mais doit-on croire que cela fait partie du comportement masculin en général ? Si oui, quel crédit accorder au mythe qui dit que c’est la sexualité des hommes, naturellement forte et incontrôlable, qui transforme ceux-ci en consommateurs de sexe ? Mes recherches  montrent que les hommes qui achètent des services sexuels n’appartiennent pas à un groupe particulier dans la société et qu’on peut difficilement leur donner un profil spécifique. Les clients des prostituées sont des hommes de tous les âges, d’états civils différents et ils appartiennent à toutes les classes sociales. Certains sont des clients réguliers, d’autres vont irrégulièrement vers des prostituées. Où et comment ils rencontrent les prostituées varie, ainsi que le genre de services sexuels qu’ils demandent.

Le phénomène n’est pas nouveau mais il a pris une telle ampleur ces dernières années qu’il devient chaque jour, un problème de société. Que l’on soit à Bamako au Mali, à Ouagadougou au Burkina Faso, à Douala au Cameroun, à Abidjan en Côte d’ivoire, à Rabat au Maroc, etc. De nombreuses jeunes femmes mais aussi  des jeunes hommes, pour des raisons diverses, se livrent à une débauche inquiétante à travers l’Afrique et même au-delà, en Occident en particulier.

Les arguments avancés par certains clients pour soutenir le fléau

Pour pouvoir comprendre la prostitution, il faut comprendre pourquoi  certains hommes veulent acheter ou achètent du sexe et pas seulement pourquoi certaines femmes choisissent de le vendre. Les justifications biologiques ne sont plus valables ni suffisantes. En laissant les clients parler de leurs expériences, il devient clair que les raisons pour lesquelles les hommes achètent des services sexuels ne consistent pas à dire que c’est parce qu’ils le peuvent ou le doivent. Ces comportements résultent des codes culturels et des pratiques sociales spécifiques.

Boubacar dira qu’il se sent attiré par une relation sexuelle sans engagement et par la tension impliquée dans la transaction. Par contre, Moussa expliquera qu’il a besoin de recréation, de proximité avec une autre personne, d’assouvissement des besoins sexuels ou encore de la possibilité de réaliser certaines pratiques sexuelles spécifiques qu’il ne peut pas ou n’ose pas proposer à son épouse car marié à une fervente croyante. Certaines manières de justifier l’achat du sexe sont souvent liées à des attentes culturelles, de la sexualité des hommes. L’appétit sexuel est souvent utilisé comme argument tout comme l’idée que le sexe est un droit naturel des hommes que les femmes ont le devoir de satisfaire. Certains hommes justifient leurs actes en utilisant le mythe selon lequel la prostitution a toujours existé et qu’elle est   « le plus vieux métier du monde ». On comprend donc que les raisons diffèrent.

Il est 20 heures à Brazza, L’heure de pointe chez les prostituées. Il suffit de faire un tour à Moungali dans la 4ème arrondissement de Brazzaville, on plein milieu du marché Moungali « surnommé nganda soso » et même à Bacongo,dans le 2ème arrondissement, en plein de Marché Total de Bacongo à « Bitsanga »  et de l’autre coté du Marché, dans la rue Jeanne d’arc, pour comprendre à quel point la demande est nombreuse, à travers les défilés des hommes en voiture de luxe, en Djakarta, ou  encore en taxi. Celles qui se trouvent dans cette zone sont celles qui se livrent à bas prix, c’est peut être l’une des raisons de l’affluence. Mais seulement Amy a confié que si elle reste dans ce coin c’est parce qu’elle y trouve son compte.   Eveline quant à elle, est une jeune Congolaise de la RDC, orpheline de père et de mère, arrivée à Brazzaville sur invitation de sa sœur du quartier. Ce dernier après avoir abusé d’elle, l’a tout simplement mise à la porte. Eveline ne sachant ou partir, s’est confiée à une de ses voisines, qui est une habituée de la rue. Cette dernière l’a entrainée dans ce boulot et c’est ainsi que la pauvre Jessica, 21 ans a pris goût et y est restée, il y a un peu plus de 2 ans. Elle dit se plaire dans ce boulot, mais que, comme tout boulot a ces inconvénients.

Prostitution haut de gamme

Un tour à Bacongo dans le quartier Mabouaka, sur la rue  Makita « chez Loko » est surtout le lieu de prédilection du tourisme sexuel. A la seule différence que là, c’est le haut de gamme car, c’est le point de ralliement des Etranger qui souhaitent goûter aux charmes des prostituées. Nous trouverons dans cet hôtel Bar à une forte affluence 24h/24. Des  filles Congolaise et étrangères se bousculent  pour avoir de l’argent. » Par nuit elle peut partir avec dix, quinze, voire même vingt hommes, à raison de  1500 FCFA où 2500 FCFA pour 15 minutes  de plaisir.  » La bas les bandits ne fait pas du nain port coi, moindre bagarre le propriétaire appelle la police pour les arrêter,  « Blandine dira que  » je prends mon argent avant de me déplacer et cet argent, je le remets à ma marraine qui se trouve aux environs de notre point de stationnement. Une fois chez lui, ou dans un hôtel, nous chronométrons et les 10 minutes passées, il me libère soit il augmente la paie.  »

Tellement la compétition est rude qu’il arrive  parfois qu’elles  en viennent aux mains.

Biographie

Né en 1990 à kindamba en République du Congo, est un photographe autodidacte.

Sa passion pour la photographie a commencé En 2002 après l’obtention du CEP ou il commence à photographier ses amis au collège. Cette passion prend corps jusqu’au lycée après son brevet. Prêt d’une décennie, il s’est contenté de la photographie utilitaire avant d’intégrer, le Collectif génération Elili de Brazzaville.

Il a participé aux 7eme jeux de la Francophonie en photographie, organisés en 2013 par France/Nice. Son premier travail photographique s’illustre pendant l’atelier des collectifs organisé par le Collectif Génération Elili financé par l’institut français (IF) de Paris.

Il participe aux ateliers de organisé par Baudouin Mouanda coordonnateur d'Elili, ou il trouve ses aux regard de son environnement à travailler sur les "vendeuses de nuit" (la prostitution) qui est son travail de prédilection, ainsi que sur les petits marchés des avenues non protéger.

Mirna Kintombo - Génération Elili

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